Le Pré-Saint-Gervais : le jardin partagé est-il menacé ?

Mathieu Quintard | | MAJ :

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Le Pré-Saint-Gervais, lundi. Le chantier de construction de 16 logements et d’un parc de 900 m dans l’îlot Danton inquiète l’association qui s’occupait du jardin partagé installé sur place.
Le Pré-Saint-Gervais, lundi. Le chantier de construction de 16 logements et d’un parc de 900 m dans l’îlot Danton inquiète l’association qui s’occupait du jardin partagé installé sur place. (LP/M.Q.)

 

L’association le Pouce vert du Pré-Saint-Gervais a dû déménager ses affaires du jardin partagé de la rue Danton. Et pour cause, les travaux d’aménagement de l’îlot Danton ont commencé la semaine passée et devraient durer jusqu’en 2018. Le projet prévoit la construction de 16 logements sociaux et la création d’un « poumon vert de plus de 900m2 », en lieu et place du jardin partagé, selon Anna Angeli, adjointe au maire chargée du développement durable.

Pendant le chantier, seule une parcelle de 100m2 restera accessible aux jardiniers urbains. Un problème pour le Pouce vert, qui estime que la mairie aurait pu leur octroyer un espace plus grand.

Huit ans durant, dans le cadre d’une convention signée avec la mairie, qui a pris fin le 31 mars, le Pouce vert s’est occupé de la gestion de ce jardin de 850m2. Dans cette friche urbaine, ils ont recréé une biodiversité et développé le site de compostage le plus important de la ville.

Le Pouce vert devrait « cogérer » avec la mairie environ la moitié du futur espace vert de 900m2. Mais, « on est très déçus », avoue l’un de ses membres, Gilles Pécout. Depuis le lancement des consultations citoyennes en 2013, le Pouce vert a dû faire entendre sa voix pour faire partie du projet. « Au début, le lieu dans sa totalité devait se transformer en jardin public, alors on s’est battus », raconte Gilles Pécout. L’association a même organisé une manifestation en février qui a réuni une centaine de personnes, dont beaucoup de parents de jeunes élèves.

« Au fur et à mesure des consultations et des études, nous avons vu les contraintes s’accumuler, répond Anna Angeli. Nous n’avons pas les moyens de préserver la totalité du jardin pendant les travaux. » A la mairie, on met en avant la construction de nouveaux logements sociaux et d’un « espace plus ouvert ». Sous cette formule pointe le reproche fait au Pouce vert d’une gestion du jardin « pas assez partagée ». « Grâce à l’embauche d’un éco-animateur, le jardin va pouvoir recevoir plus de scolaires », affirme Anna Angeli. « Une embauche qu’on demande depuis 2010 », rétorque Gilles Pécout.

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